CultivonsNous.tv : du champ à l’assiette

Le 29 avril, Edouard Bergeon, réalisateur du film « Au Nom de la Terre » notamment, présentait officiellement sa chaîne CultivonsNous.tv « la première chaîne en SVOD sur l’agriculture, le bien manger et la transition écologique », que Guillaume Canet parraine. A raison de 4,99€/mois, sans engagement, vous aurez accès à un panel de « documentaires, des reportages et programmes courts pour cultiver nos connaissances sur la terre et comprendre le chemin des produits que nous mangeons, du champ à l’assiette » (dixit Edouard). Plusieurs rubriques sont proposées : « ceux qui nous nourrissent », « ma vie de paysan 2.0 », « dans quel monde vit-on ? », « ce qu’on mange », « ce qu’on boit » et « pêcheurs du monde ». En somme, pour moi, une telle variété de propositions fait de cette chaîne un ovni (objet visuel non identifié). Pourquoi ? Loin d’une vision dichotomique d’une agriculture en fait ignorée par le grand public, ce projet embrasse une réalité agricole complexe, nous interpelle à la fois dans nos valeurs et dans notre assiette, montre que l’agriculture occupe une place de choix dans notre vie. J’apprécie particulièrement l’ouverture au monde et à toutes les réflexions que cela engendre. Dans « ma vie de paysan 2.0 », rubrique accessible gratuitement, vous découvrirez des vidéos d’agri-YouTubeurs, dont je fais partie.

Qu’est-ce qui a fait que j’ai accepté cette diffusion de mes vidéos ? Les raisons sont multiples.

D’abord, d’un point de vue tout à fait individuel, égoïste même, c’est un honneur. J’ai débuté mon activité avicole en août dernier, ma chaîne YouTube en novembre. Cette sollicitation n’a fait que renforcer mon envie de communiquer sur mon activité, et me prouve qu’elle est efficace. « Hey ! C’est Edouard Bergeon quoi ! »

Ensuite, je me sens en accord avec cette volonté d’Edouard de parler de l’Agriculture, avec un grand A, celle qui mérite qu’on lui accorde enfin une chaîne thématique ! Il faut parler agriculture, mais ne pas laisser n’importe qui le faire (et n’importe comment de surcroît). Aussi, cette rubrique 2.0 des YouTubeurs, placée à côté de reportages, documentaires, etc, c’est une chance. Ce sont là des regards croisés, des points de vue multiples, des sources réellement ressources. Et là, j’y perçois l’opportunité inouïe de pouvoir montrer qu’en agriculture conventionnelle, qu’en production d’œufs Plein Air, nous sommes raisonnés, réfléchis, conscients de notre rôle sur l’environnement. Ainsi, le téléspectateur pourrait regarder un reportage sur la production maraîchère bio, puis pourrait ensuite passer à un documentaire sur la production de piments au pays Basque, se diriger vers une vidéo d’Alexandre de Prodealcenter, pour aller finalement vers un documentaire sur le suicide dans le monde paysan, ou bien encore la pêche dans l’océan pacifique. Le tout, sans être orienté et obtenir de pression médiatique autour d’une ligne éditoriale vendeuse.

De plus, le lien vers ma chaîne aura au moins l’intérêt de donner accès au grand public à un élevage de volailles : la communication en aviculture de la part des éleveurs est encore très timide. On y découvre ce qu’est l’élevage de poules Plein Air, en abordant le bien-être animal, la biosécurité, le rythme biologique de l’animal, etc. Ce n’est qu’un début et « Plein Les Y’œufs » promet encore des surprises. Et d’ailleurs, notre chaîne s’est enrichie de vidéos sur l’apiculture en amateur, avec mon conjoint, Alexis ; le but étant d’orienter nos propos vers une réflexion sur la biodiversité. Des projets divers vont arriver en lien avec tout cela et offrira des supports visuels intéressants.

Aussi, que ces vidéos puissent être accessibles à des personnes qui ne les auraient jamais cherchées sur YouTube, c’est une chance. Je ne cours pas après le nombre d’abonnés ou de vues, donc que mes vidéos soient accessibles ailleurs sans que cela vienne « grossir » ma chaîne m’importe peu. Ce qui compte pour moi, c’est qu’un certain public puisse avoir accès à des informations sur l’élevage de volailles. Alors oui, je ne suis qu’un exemple parmi d’autres, et pas un modèle (je le répète souvent dans mes vidéos, refusant le statut de porte-parole d’une filière). Néanmoins, je reste un exemple. Alors je me dois de poursuivre. Et lorsque Edouard m’a appelée, m’a présenté sa démarche, je n’ai pu qu’adhérer.

Au-delà des raisons exposées précédemment, je peux aussi vous avouer que j’apprécie particulièrement n’y voir aucune publicité, ni aucune présence de lobbies ou associations cherchant à se placer. Des reportages, des documentaires, des programmes courts, d’une qualité remarquable et des vidéos d’agriculteurs-éleveurs témoignant de leur quotidien. Qu’espérer de plus ou de mieux ? Nous avons là de quoi panser/penser un peu les plaies d’une agriculture française blessée par certains discours médiatiques négatifs, répétitifs, autour d’une ligne éditoriale simpliste (bio=bien, non bio=mal). Le tout, sur une ouverture à l’agriculture mondialisée, et la transition alimentaire.

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