Quoi de neuf Les Jolies Rousses ?

Des nouvelles des cocottes !

Elles ont fêté leur premier anniversaire la semaine dernière, sous une chaleur surprenante. Nous en sommes à la semaine 54. Depuis un peu plus de deux semaines, elles rencontrent quelques difficultés à basculer sur un nouvel aliment. En effet, nos œufs Plein Air sont à présent certifiés « Bleu Blanc Cœur » et pour cela, le cahier des charges exige un enrichissement de l’aliment en graines de lin, notamment. Pourquoi ? Pour garantir la présence d’Oméga 3 et 6 dans les œufs. Pour mes poules, tout changement d’aliment constitue un frein temporaire à la consommation et donc à la ponte. Lorsqu’elles sont passées d’une base maïs à une base blé en janvier dernier, ce fut une période de quinze jours-trois semaines durant lesquelles elles souffraient un peu au niveau digestif. Les transitions s’avèrent longues avec ce lot. Et là, nous venons à nouveau de traverser une étape plus délicate, avec une perte de 3% d’œufs, une baisse de la consommation d’aliment, une homogénéité moins marquée. La chaleur survenue sans prévenir n’a pas favorisé la transition alimentaire, puisqu’elle ne pousse pas à la consommation, au contraire. Par ailleurs, malgré l’apport de calcium et de vitamine D, les œufs présentent de plus en plus de fragilité, bien que cela reste minoritaire. Je vais donc veiller à poursuivre les apports.

Dans la relation avec elles, j’avoue que je les connais de mieux en mieux. Les voir vieillir, évoluer encore, c’est une chance. Même si les détracteurs de l’élevage diront que nous ne gardons pas nos poules suffisamment longtemps, je me sens pourtant chanceuse de les avoir un peu plus d’une année pour les connaître. En volailles, c’est la production qui permet de passer le plus de temps avec ses animaux. Les poules ont leurs habitudes à présent, et je me rends compte qu’en décalant un seul repas de 15 minutes, tout peut changer ! Elles « s’affirment » plus. Cela se traduit par un fond de picage, encore timide mais présent. Leurs plumes du cou ont été  abîmées par les assiettes et ont accentué l’arrivée d’un picage latent. J’y veille avec les bottes de luzerne et en baissant l’intensité lumineuse en fin de matinée jusqu’en soirée. Pour ceux qui ignorent ce qu’est le picage, il s’agit d’une attitude visant à tirer sur les plumes pour, notamment, les consommer. Un picage élevé peut entraîner une mortalité car les poules piquent jusqu’au sang. Cela peut traduire plusieurs causes : ennui, parasitisme (poux), carence (protéines, calcium, etc), surpopulation et donc dégradation des conditions de vie. Surtout, il faut avoir à l’esprit qu’en vieillissant, les poules deviennent plus agressives, et la dominance s’accentue. L’augmentation du jour constitue aussi un levier du picage que l’on peut maîtriser avec des panneaux foncés (au plafond et sur les côtés), avec des jupes perforées placées devant les ouvertures (ce que j’ai). Pour l’âge qu’elles ont, mes poules présentent un état de plumage tout à fait correct, même si autour du cou, c’est un peu plus moche. Par chance, les plumes repoussent vite.

En somme, je me sens extrêmement bien dans mes bottes d’éleveuse de poules pondeuses plein air. Mes animaux me le rendent bien, et nous évoluons ensemble. Je continue d’apprendre quotidiennement.

Côté communication, quoi de neuf ?

La chaîne YouTube s’enrichit de vidéos sur l’apiculture. Mon associé et conjoint, Alexis, a eu le souhait, en 2018, d’avoir son propre rucher, en lien avec une réflexion globale autour de la biodiversité et de l’intégration à l’environnement. J’estime que nous sommes des « résistants » aux discours montants (d’avant Covid) visant à créer une dichotomie entre une agriculture respectueuse de l’environnement et les autres qui ne le seraient pas. Dans notre manière de penser et d’agir, nous veillons à respecter les animaux (d’élevage et sauvages), la flore, les abeilles, le sol. Nous voulons montrer que produits phytosanitaires et abeilles ne sont pas incompatibles. Notre démarche est raisonnée, et nous savons l’expliquer. Vous le comprenez probablement, nous n’irons pas dans une direction « machinisme ». Il existe déjà un panel de vidéos, et YouTubeurs, important sur la conduite de cultures, sur la mécanique, sur les machines agricoles. Notre fil rouge, c’est plutôt l’intégration à l’environnement, dans le respect des besoins de la flore et la faune présentes autour de nous. Lorsqu’Alexis aborde le colza, il choisit un angle pédagogique en lien avec les abeilles et les apports pour l’homme. Lorsque j’aborde mon organisation de travail, je le fais en entrant par le rythme biologique des poules en lien avec la lumière. Nos points de vue offrent des angles ancrés dans l’environnement, pour entrer dans l’agriculture/l’aviculture. Nous avons plusieurs chantiers en préparation, comme la plantation d’arbres sur le parcours, la mise en place d’une parcelle pour nos abeilles (phacélie). Enfin, j’avais la volonté que mon conjoint me rejoigne dans cette aventure de vidéos car il sait expliquer ce qu’il fait, il est passionné et a beaucoup à apprendre au grand public sur les abeilles. Il a eu une formation complète sur l’apiculture, et se met en quête d’informations de manière régulière. Si les passionnés d’apiculture voient les vidéos sur les poules, et les passionnés de poules, celles sur les abeilles, alors nous aurons gagné un pari ! Bref, nous sommes des « agri happy à vie » ! (agriculture-apiculture-aviculture).

Pour ceux qui ne sont pas sur Twitter et qui n’ont pas encore vu nos vidéos, n’hésitez pas à aller y jeter un œil ! https://www.youtube.com/channel/UCHGkQpenJyrXgooUAyM6pWg

2 commentaires sur “Quoi de neuf Les Jolies Rousses ?

  1. Bonjour
    Je suis conjointe d’agriculteur en vaches à viande , je suis a la recherche d’information pour monter un poulailler en poules pondeuses en plein air,je me suis tourner vers certain comme loué ou les coopérative mais je ne fais jamais partie de leur secteur,alors je me pause le question de le faire sans eux mais j’ai besoin de plus d’informations ,comme savoir comment se fait la vente des œuf, ou trouver les artisans pour le bâtiment en lui-même….
    C’est un projet qui me tiens à cœur cela fait déjà 1 an que je cherche mais sans succès
    Si vous pouviez m’éclairer cela serais super
    Bonne soirée

    J’aime

    1. Bonjour, je prends le temps de vous répondre.
      Etant femme d’agriculteur, vous avez du foncier : c’est déjà une barrière en moins à votre projet. Pour un poulailler de la taille du mien, sans coopérative, sans contrat sur plusieurs années, une banque n’acceptera pas. Je ne comprends pas pourquoi vous dites que les coopératives ne sont pas dans votre secteur. Pour le label, oui, il faut des secteurs. Mais pour les coopératives, je ne vois pas vraiment où se trouve la difficulté. En France, la législation autorise d’avoir des élevages de 250 poules maximum comme « complément de revenus » d’une activité existante (maraichage, etc). Essayez de creuser cette question si cela vous intéresse. Ce qu’il faut anticiper, c’est la vente directe et donc les débouchés. Car produire sur la ferme, c’est pouvoir s’assurer que tous les produits partent régulièrement. Plusieurs avantages d’être avec une coopérative : accompagnement au projet, suivi technique, aliment formulé pour les besoins du lot de poules, contrats sur plusieurs années, débouchés assurés. Quand on se lance seul , il faut pouvoir répondre à ces questions : où est-ce que j’achète mes poules ? A qui vais-je vendre les oeufs ? Avec quel suivi technique ? Quel vétérinaire (éventuellement) ? Dans quel type de bâtiment ? Comment le nettoyer et désinfecter régulièrement ? Etc etc. Il faut avoir conscience de tout cela.
      Vous avez la chance d’avoir du matériel sur la ferme (télescopique, tracteurs, etc) pour entretenir le parcours, déplacer le poulailler (si mobile), faire les clôtures, etc. C’est déjà un excellent point. Car s’il fallait déléguer toutes ces tâches, ce serait financièrement très compliqué !
      Bon courage et n’hésitez pas si vous avez d’autres questions.

      J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s