Raconter son aventure professionnelle : une main tendue vers l’Autre.

Elles commencent à faire parler d’elles, les 15000 cocottes rousses. Au départ timides, elles ont pris petit à petit leur place dans le paysage des agri-communicants. L’objectif de départ est plutôt simple : il s’agit de partager le métier d’éleveur de poules pondeuses plein air et la production d’œufs de consommation avec un public, le plus large possible.

A chaque réseau son rôle

D’abord sur Twitter, réseau que je connaissais plutôt bien, j’ai pris la décision d’étendre ma présence face à l’intérêt grandissant de mes abonnés, dont le nombre augmentait. Voici en quelques lignes comment je fonctionne avec mes réseaux :

  • Twitter (https://twitter.com/joliesrousses) : circulation de l’information, veille sur la filière volailles, création de tweets pédagogiques. Sur Twitter, j’ai vraiment un pied dans la sphère agricole et para-agricole. J’ai le sentiment d’appartenir à un groupe très large, ouvert et actif d’éleveurs et plus globalement d’agriculteurs. L’intérêt pour moi se trouve dans la possibilité d’échanger directement avec les producteurs, plutôt que de passer par des médias.

Public visé : très large, professionnel, monde agricole et de la communication.

  • Instagram : quelques « belles » photos partagées avec mes abonnés ont pour objectif de présenter des instants précis. Je commente très rarement les photos, chacun pouvant les interpréter selon ses humeurs. Ce réseau m’apporte un panel incroyable de photographies prises par des agriculteurs, des éleveurs pour beaucoup. Quel talent !

Public visé : jeune, professionnel

  • YouTube (https://www.youtube.com/channel/UCHGkQpenJyrXgooUAyM6pWg) : depuis peu de temps, je suis sur YouTube dans le but de partager une vidéo par mois autour de mon élevage et du bien-être de mes volailles. Cela demande du temps de préparation, prises vidéo et montage. Il faut en poster régulièrement pour que la chaîne puisse vivre tout en veillant à se garder du temps pour la vie personnelle.

Public visé : tout public

  • Blog sur WordPress : ce blog me permet de prendre du recul sur mon expérience nouvelle tout en partageant ma réflexion qui peut croiser celle d’autres éleveurs juste installés. Je pense que le canal de l’écriture-lecture apporte de la sérénité, du calme, contrairement à une vidéo ou une photo. La lecture demande un temps, propose une pause. Et pour moi, tenir un blog est essentiel pour proposer cette pause à qui veut bien la prendre.

Public visé : plus restreint sans doute que sur les autres RS

Un début d’année 2020 riche en communication !

Depuis mon installation en aout dernier, j’ai accueilli plusieurs journalistes du monde agricole dans mon élevage. Chacun s’est déplacé pour aborder la professionnelle que je suis. Et dans ce contexte précis, j’accepte les propositions de rencontres. Parler de ma reconversion professionnelle, de mon envie de communiquer, de mes poules et leurs œufs : je sais faire ! D’ailleurs, je vous propose de lire l’article de Réussir Volailles qui porte sur ma communication : https://www.reussir.fr/volailles/avec-son-pseudonyme-jolies-rousses-la-productrice-doeufs-lucie-gantier-communique-sur-les-reseaux

 Il m’a été proposé de participer au projet « Oser être agricultrice », porté entre autres par la Commission Agricultrice de la FDSEA85, et qui a notamment abouti à un livret de présentation de 85 agricultrices vendéennes. Ce fut une expérience riche et valorisante ! Mon portrait a été dressé, fidèle à celle que je suis, parmi d’autres agricultrices aux parcours variés et passionnants.

Un journaliste de Agri-Maker (https://www.agri-maker.com/home) est également venu à ma rencontre, et il rendra compte de son travail formidable d’ici quelques jours. Il a abordé ma reconversion professionnelle, ma nouvelle activité, ma communication sur les RS. Ce temps d’échanges avec lui fut une belle occasion pour moi de faire le point.

Récemment, quelques 2-3 autres propositions m’ont été faites, trop discrètes dans leur première approche, moins assumées que les sollicitations précédentes. Il s’agissait notamment de journalistes de chaines nationales qui cherchaient à me joindre, ou à m’avoir par messagerie. Par respect et curiosité, j’accepte le premier échange afin de comprendre ce qui amène aujourd’hui un journaliste vers moi. Et dans ces rares cas, ce n’était pas moi que les journalistes voulaient rencontrer mais plutôt un éleveur qui communique sur son métier, luttant contre l’animalisme violent, l’agribashing (au choix), etc… Ils semblaient plutôt chercher à traiter une cause, une idée, un concept, qu’un autre agriculteur communicant pouvait aussi incarner. Et ces propositions-là, je les refuse systématiquement. Je n’hésite d’ailleurs pas à renvoyer les journalistes vers des groupes ou des personnes compétentes et aptes à répondre sur ces thématiques.

Je l’affirmais ce soir sur Twitter : ma communication est locale, enracinée, et je l’assume. J’ai un élevage qui nécessite ma présence quotidienne. Et je priorise mes absences pour mon engagement local au sein d’organisations qui soutiennent l’activité agricole. Car quand je dis que ma communication est enracinée, je sous-entends aussi que je préfère mettre l’accent sur des rencontres avec les personnes qui font vivre mon territoire. Et à ce niveau-là, mon planning est très chargé. J’en suis heureuse bien que cela m’oblige à décliner des propositions (de tables rondes, de rencontres avec des étudiants, etc). Il ne m’est pas possible de tout accepter, et mes interlocuteurs le comprennent. Chaque sollicitation me rend heureuse et me donne le sentiment que je participe à faire bouger les lignes, à mon petit niveau (soyons modestes!).

Un équilibre à trouver avec autrui

Pour qu’une communication fonctionne, il convient de dire que toutes les conditions doivent être réunies. Aussi, j’accorde toujours le bénéfice du doute à celui ou celle qui vient vers moi en m’accusant d’être responsable de la mort de milliers de poules chaque année, ou qui me demande d’améliorer encore les conditions de vie de mes animaux en leur proposant de l’herbe (ce qu’elles ont déjà). Ces manières de se faire interpeller violemment deviennent de plus en plus nombreuses, au fur et à mesure que mon nombre d’abonnés augmente. Pour beaucoup, ces interlocuteurs cherchent à s’en prendre à un éleveur pour mettre en avant leur combat, leur cause. D’autres ne prennent simplement pas le temps de regarder le profil de la personne à laquelle ils s’adressent. Pour les premiers, ils vivent leur cause en allant provoquer ceux qu’ils prétendent combattre, ils se servent de la notoriété pour se faire leur notoriété. Donc soit j’arrive à calmer les échanges, et alors je laisse l’interlocuteur libre de voir ce que je communique, soit je me rends compte que je fais face à une personne qui alimente sa haine de mes réponses et je la bloque assez rapidement pour ma tranquillité d’esprit. Dans tous les cas, ce n’est pas moi qu’ils viennent voir, mais bien une personne qui incarne une idée (contraire à la leur). Finalement, ils sont dans une démarche assez proche des journalistes de grandes chaînes dont je parlais précédemment. Et je refuse d’en être, dans l’un ou l’autre cas.

Hormis ces quelques interpellations violentes, la bienveillance domine. Les marques de sympathie, les encouragements, les remerciements m’apportent quelques bouffées d’air nécessaires pour renouer avec ce qui m’anime, et me pousse à communiquer. Quand plusieurs personnes de la filière volailles m’avouent que ma communication joue un (modeste, petit,…) rôle pour la filière, alors j’en suis extrêmement satisfaite. Et je sais que d’autres éleveurs y participent aussi, et que petit à petit, notre communication aidera le grand public à mieux connaitre la production de volailles en France. Mon quotidien professionnel n’est qu’une recherche constante d’un équilibre entre ce que les cahiers des charges me prescrivent, mes envies, mes obligations techniques, mes moyens matériels, mes connaissances, le bien-être de mes animaux, le respect de l’environnement, la communication positive, et ma rencontre avec l’Autre. Et j’espère très vite parvenir à dépasser une communication égocentrée (que je maîtrise évidemment le mieux) pour aller vers une communication plus ancrée sur mon territoire, et ouverte sur l’Autre. J’ai déjà quelques idées en tête. A suivre…

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